Home Témoignage Vegan-écolo, Fanny mange en accord avec ses convictions

Fanny, vegan militante et aromathérapeute

Depuis que vous êtes devenus végétariens ou végétaliens, n’avez-vous pas remarqué que d’autres veggies se cachaient dans vos contacts Facebook ? Je ne parle pas des personnes que vous avez récemment ajoutées en tant qu’amies depuis votre conversion, mais bien de cette ancienne camarade de 5ème à qui vous n’avez pas adressé la parole depuis au moins 15 ans, ou de cet ancien collègue de travail lors de votre stage d’été après votre BAC.

Eh bien, c’est à peu près comme ça que j’ai récemment repris contact avec Fanny. Son post Facebook sur son activité de conseillère en aromathérapie avait attiré mon attention. En parcourant la présentation de son activité Eveil 82 à Montauban, j’ai alors découvert qu’elle est devenue vegan en plus d’être restée inébranlable dans ses convictions environnementales. Elle a accepté de répondre à quelques questions.

 

Salut Fanny, peux-tu te présenter ?

Fanny vegan écolo - voiture stickers veganJe viens tout juste d’avoir 30 ans. Vendéenne de cœur, je suis expatriée dans le sud de la France. Après mon Master en développement durable, obtenu en 2003, j’ai beaucoup bougé pour le travail. Yvelines et région parisienne, Angers, Toulouse, Rennes et maintenant Montauban. J’aspire à présent à me poser et à fonder une famille avec mon compagnon. Que ce soit dans le travail ou dans ma vie privée, je n’ai jamais perdu de vue mes objectifs, à savoir la protection de la biodiversité et de notre planète.

 

Végétarienne, végétalienne, vegan… à quelle tribu appartiens-tu ?

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais accepté moralement de manger de la chair animale. J’ai pourtant été contrainte, comme beaucoup de personnes. Mes parents étaient persuadés (et je ne peux pas leur en vouloir), que c’était nécessaire pour ma santé et ma croissance. À mes 18 ans, j’ai eu le courage de dire stop, et je suis devenue végétarienne. Le parcours n’était pas facile. J’étais la seule dans ma famille et dans mon entourage, mais je n’ai pas cédé à la pression. En novembre 2014, je suis tombée sur une vidéo montrant les conditions de vie des vaches laitières. J’ai été horrifiée de voir que pour la production des produits laitiers, la souffrance des animaux était réelle, et même encore plus violente que pour les animaux destinés à la consommation de « viande ». Ce fut un réel choc pour moi. C’est à ce moment que j’ai découvert le mouvement vegan. Du jour au lendemain, mon régime alimentaire est devenu végétalien, et j’ai adopté les principes éthiques du véganisme. Depuis, je ne cesse de me documenter, de lire, de regarder des vidéos, de discuter, et chaque jour je me rends compte de l’impensable. J’ouvre les yeux face à l’insoutenable cruauté que vivent des milliards d’êtres sentients chaque année. Aujourd’hui, j’appartiens à un mouvement de protestation, qui lutte contre toute forme d’exploitation animale et qu’on appelle communément le véganisme. Mais je pense qu’il n’est pas nécessaire de s’apposer une étiquette pour exister et lutter. Le véganisme n’est pas une mode, ni une tendance, c’est avant tout un choix moral, éthique, qui amène à la prise de conscience et à l’action.

 

Tu participes régulièrement à des manifestations publiques pour lutter en faveur des droits des animaux. Qu’est-ce qui t’a décidé à devenir militante ?

Face à tant de souffrances et d’injustices, je ne pouvais pas me taire. Je suis consciente que ma voix seule n’a pas beaucoup de poids, mais je sais qu’elle en a lorsqu’elle fait partie d’un groupe. Et ce groupe grandit de jour en jour. Peu importe les difficultés, nous sommes la voix de ceux qui n’en ont pas. Nous vivons dans un monde qui n’est pas la réalité. Il suffit d’ouvrir les yeux pour le comprendre. Lors de nos actions militantes, nous tentons d’ouvrir les yeux aux gens, de les informer, mais aussi de leur faire comprendre qu’un autre mode de vie est possible, sans exploitation animale. Nous ne cherchons pas à améliorer les conditions de vie de ces animaux, mais bien leur libération pure et simple. Chaque être sensible est libre de disposer de sa vie. Les êtres humains (qui sont aussi des animaux ne l’oublions pas) ne devraient en aucun cas avoir le droit de vie ou de mort sur les autres espèces de la planète. Pire, ils les utilisent comme des objets de divertissement et des produits de consommation. Il n’y a aucune nécessité derrière toutes ces souffrances, seulement une recherche égoïste de plaisirs éphémères. Comment en est-on arrivé là ? L’être humain est la seule espèce qui nuit à notre planète. Nous programmons la mort des autres espèces, mais la notre également. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire.

 

 

Comment tes proches réagissent à ton engagement ?

Ma famille a toujours eu une « fibre écologique ». Mon combat pour la préservation de la planète est donc très bien soutenu. Cependant, il y a encore du chemin à faire concernant les droits des animaux. Le matraquage commercial, les pseudo études scientifiques, et les habitudes, les rendent encore aujourd’hui sceptiques. Quelques proches ont accepté de voir certaines vérités, mais pas toutes. Il est très difficile de vivre en sachant la vérité sur tout. On en souffre au quotidien, en faisant ses courses, en allant au restaurant, en allant au cinéma…etc. Je sais que la graine que j’ai plantée dans leur esprit commence à pousser, mais il leur faudra beaucoup de courage pour réaliser l’ampleur du désastre. En attendant qu’ils se décident, les animaux continuent à subir. Pourtant, il me semble normal de faire confiance aux personnes qu’on aime, plutôt qu’à des industriels avides de profit. Les véganes n’ont rien à gagner en informant, je dirais même qu’ils donnent de leur personne (de l’énergie, du temps, du courage pour surmonter les oppositions…). Pourquoi ne pas les prendre au sérieux ? L’homme qui partage ma vie a changé du tout au tout depuis notre rencontre, et m’accompagne désormais dans cette lutte.

 

En quoi ta vie professionnelle d’aujourd’hui rejoint tes convictions personnelles ?

J’ai toujours essayé de faire ressortir mes convictions personnelles dans mon travail. Mon domaine d’activité, le développement durable, m’a permis d’informer et de sensibiliser beaucoup de personnes sur des questions éthiques et écologiques de notre société moderne. C’est tout naturellement que j’en suis venue à créer ma propre entreprise, Eveil 82, avec pour objectif principal la sensibilisation des personnes pour la protection de la biodiversité et de la planète. Aujourd’hui je propose mon aide aux entreprises pour mettre en place un système de management environnemental, une responsabilité sociétale ou une économie circulaire. Aux écoles pour former et informer les jeunes générations sur les conséquences de nos modes de vie sur l’environnement. Ou aux particuliers en leur proposant du coaching de vie pour diminuer leur empreinte écologique.

Fanny propose des ateliers produits ménagers veganJe propose également des ateliers de créations de produits cosmétiques et ménagers, à faire chez soi, 100% naturels, 100% sains pour les humains et l’environnement, et bien sûr sans aucune matière d’origine animale et aucun test sur les animaux. Je suis également aromathérapeute, certifiée par l’École Française d’Aromathérapie et prodigue des conseils pour soigner le corps et l’esprit à l’aide des huiles essentielles.

Le lancement de cette entreprise est difficile, mais je fais quelque chose qui me tient profondément à cœur, et qui participe à la protection de notre planète et de ses habitants.

 

En quoi c’est important d’utiliser des produits cosmétiques et d’hygiène vegan ?

Outre le fait que les produits industriels contiennent des produits chimiques nuisibles pour la santé des êtres humains, il y a dans ce secteur également beaucoup de souffrance animale. Tous les produits, ou leurs composants sont testés sur des animaux (lapins, singes, rats…) avant d’être commercialisés. De même que leur composition dans laquelle on retrouve régulièrement des matières d’origine animale (gélatine, glycérine, soie, graisses…etc.). Ils nuisent donc à l’environnement lorsque nous les déversons dans nos canalisations, à notre santé, et aux animaux. Il existe des recettes toutes simples, à bas prix, pour créer nos propres produits respectueux et sains, pourquoi s’en détourner ? Il me semble que nous le valons bien 😉

 

Quels produits cosmétiques vegan faut-il absolument avoir dans sa salle de bain ?

Eveil 82 - produits cosmétiques veganIl existe en effet des basiques à avoir tout le temps dans sa salle de bain. Dans notre société de consommation, il faut réussir à limiter le nombre de produits que l’on a dans sa salle de bain. Rien ne nous empêche de nous faire des plaisirs (toujours en DIY « do it yourself »), mais le principal c’est de se concentrer sur l’essentiel. Un déodorant solide, un dentifrice, un baume à lèvres pour l’hiver, une crème ou huile hydratante de corps et une pour le visage (ou la même), un shampoing et un savon solide (ou un qui fait les deux c’est encore mieux). Lorsqu’on entreprend une démarche de ce type il faut également penser aux déchets que l’on peut engendrer. Pour une salle de bain zéro déchets utilisez : un gant microfibre démaquillant, un oriculi pour les oreilles, une coupe menstruelle, et une éponge de konjac pour le corps.

 

Cuisiner vegan pour toi c’est…

Avant tout le respect du droit de tous les animaux de disposer de leur vie. Ensuite, du plaisir ! La cuisine végétalienne est riche, diversifiée, colorée, ludique, délicieuse. C’est un régal de tous les sens, et notre corps s’en porte d’autant mieux. La terre nous offre tout le nécessaire, pourquoi vouloir à tout prix se nourrir de souffrance, de stress, de malheur ? Les végétaux apportent l’essentiel de ce que notre corps à besoin pour vivre, et ce à n’importe quel âge de la vie. Ils nous aident à rester en bonne santé dans la mesure où notre alimentation est bien conçue et équilibrée (position officielle de l’Association Américaine de Diététique qui se compose de 70 000 nutritionnistes et diététiciens). Je mange en accord avec mes convictions, et je n’ai jamais autant aimé cuisiner !

 

Y a quoi dans ton frigo et tes placards ?

En priorité des fruits et des légumes de saison, cultivés localement, et le plus possible de façon biologique. On y trouve également des faux-mages végétaux, des yaourts et crèmes au lait de soja, du lait de riz et d’avoine, des jus de fruits frais, des sauces et tartinades véganes de toutes sortes (tatziki, pesto, sauces piquantes, tapenades, houmous, guacamole…), de la margarine 100% végétale, et des confitures. Dans mes placards on retrouve les céréales, les légumineuses, les farines, les oléagineux (amandes, noisettes, noix de cajou…) et les graines (courges, chia, tournesol…).

 

As-tu adopté les simili-carnés ?

J’aime tester les nouveautés véganes. Même si je ne suis pas une adepte des similis carnés car le goût et la texture se rapprochent trop de la chair animale, j’avoue que c’est parfois très intéressant pour bluffer des omnivores, ou pour essayer de convertir d’autres personnes. Je sais que mon conjoint, en a encore besoin pour la fin de sa conversion. Mais je pense qu’il n’y a aucune utilité à les adopter au quotidien, on y arrive très bien sans.

 

Où fais-tu tes courses ?

Il y a une épicerie végane sur Toulouse, le Cri de la Carotte, qui est devenu un passage obligé chaque mois. Ensuite je vais principalement en magasins biologiques, et complète avec les rayons bio des supermarchés de proximité.

 

Si tu reçois des amis chez toi, que leur cuisines-tu ?

Des tartinades en apéro/entrées : houmous, guacamole, tapenade, rillettes végétales…
En plat : couscous, lasagnes, sushis, galettes, pizzas, burgers…
En dessert : crèmes chocolat, cookies, salade de fruits…

 

Un conseil à un vegan en herbe ?

Garder toujours en tête que le véganisme est un choix éthique et moral. Ne pas transiger sur ses valeurs et ses convictions, simplement parce que des personnes mal avisées voudront trouver une faille dans cette démarche. Ne pas rester prostré : sortir, échanger, informer. Il faut faire des sacrifices pour adopter ce mode de vie, mais on les faits pour les animaux non-humains qui subissent bien pire au quotidien. C’est avant tout pour eux qu’on se bat.